L’Arctique, une terre glacée riche d’une biodiversité méconnue
Longtemps perçu comme un désert blanc et silencieux, le territoire Arctique abrite en réalité une importante biodiversité. Des sommets enneigés aux profondeurs de l’Océan, de nombreuses espèces ont développé des adaptations uniques pour survivre dans cet environnement extrême. Aujourd’hui, le changement climatique transforme cet équilibre fragile et bouleverse le quotidien de la faune et flore arctiques, à terre comme en mer. Comment les organismes vivants parviennent-ils à réaliser leur cycle de vie dans ce milieu polaire en faisant face à l’extrême saisonnalité de la lumière ? Comment vivent-ils dans la glace de mer ? Comment survivent-ils aux faibles températures ?
Pourquoi la biodiversité au pôle Nord est-elle unique ?
Des habitats variés
Quand on imagine l’Arctique, l’image de la glace sous toutes ses formes (banquise, icebergs, glaciers…) vient d’emblée à l’esprit. Pourtant, cette zone recèle de nombreux habitats variés qui abritent un monde vivant adapté à des conditions extrêmes.
A terre, la Toundra, où la faune et la flore sont discrètes, côtoie aussi bien de précieux réservoirs d’eau douce que des déserts de pierres.
En mer, une multitude d’espèces trouve refuge dans la banquise, en surface ou en son cœur, mais aussi dans la colonne d’eau et sur les fonds marins.
Un environnement extrême façonné par la glace et le froid
L’Arctique est une région où les températures peuvent descendre bien en dessous de -40°C en hiver et où l’air peut être aussi sec que dans un désert. En été, bien que le soleil soit de retour et brille en permanence, les températures ne dépassent pas les 10°C.
La banquise formée par le gel de l’eau de mer en surface, n’a rien d’un terrain plat. C’est au contraire un terrain chaotique fait de blocs de glace retournés et de plaques qui se chevauchent (crêtes de compression), qui peut s’ouvrir ou se refermer, au gré des courants et des vents. Elle offre un habitat clé pour de nombreuses espèces marines et terrestres, leur permettant de se reposer, de se nourrir et de se protéger des prédateurs.
Jour polaire et nuit polaire : un rythme biologique hors norme
Au-delà du cercle polaire arctique, et contrairement à la majorité des régions du globe, la durée du jour et de la nuit peut devenir extrême à certaines périodes de l’année. Autour des solstices, le soleil peut rester au-dessus de l’horizon pendant 24 heures : c’est le jour polaire ou au contraire ne pas se lever du tout, donnant lieu à la nuit polaire.
Cependant, en dehors de ces périodes, même dans ces hautes latitudes, le jour et la nuit continuent de se succéder, avec des durées qui évoluent progressivement au fil des saisons.
Ce phénomène s’explique par l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre. En été boréal, l’hémisphère Nord est incliné vers le Soleil, qui éclaire longuement cette zone du globe. En hiver, cette inclinaison l’éloigne de la lumière solaire, plongeant certaines régions dans une obscurité prolongée.
Ces variations extrêmes de luminosité rendent l’adoption d’un cycle jour/nuit classique particulièrement complexe pour le vivant, qui a développé des stratégies d’adaptation fines et souvent méconnues.
Une biodiversité indispensable aux équilibres climatiques
Malgré son apparente austérité, l’Arctique joue un rôle central dans la régulation climatique globale. La biodiversité marine contribue à la chaîne alimentaire océanique et à l’absorption de carbone (notamment via le plancton).
En effet, par la photosynthèse, le phytoplancton capte le dioxyde de carbone dissous et participe au stockage du carbone dans l’Océan, contribuant ainsi à la régulation du climat à l’échelle globale. La diminution de la banquise modifie ces dynamiques, affectant à la fois la production primaire et l’ensemble des réseaux trophiques associés.
Sur terre et le long des côtes, les mammifères et les oiseaux arctiques participent à la dispersion biologique en transportant graines, nutriments et micro-organismes sur de longues distances, par leurs déplacements, leur alimentation et leurs déjections. Ces échanges invisibles favorisent la fertilité des sols, la colonisation de nouveaux habitats et le maintien des écosystèmes terrestres.
Chaque espèce, de la faune et de la flore, du lemming aux baleines boréales, joue un rôle essentiel et complémentaire dans cet équilibre fragile.
Quelles sont les stratégies d’adaptation du vivant face aux conditions extrêmes ?
Comment survivre au froid ?
- Métabolisme ralenti et des protéines antigel
Les animaux du Grand Nord dépensent beaucoup d’énergie pour se protéger du froid et se déplacer à la recherche de nourriture. Ils ont besoin de repos mais comme il n’y a pas toujours de jour clair et de nuit sombre, le cycle sommeil-alimentation est affecté. Ils dorment et chassent selon leurs besoins plutôt que selon l’heure, ce qui influence leurs déplacements et leur comportement social.
D’autres espèces comme la morue polaire ont des protéines antigel. Celles-ci se lient aux petits cristaux de glace en formation et stoppent leur croissance, qui sinon serait fatale aux cellules de la morue et donc à sa survie.
- Alimentation riche
Très riches en énergie, les lipides (constituants des graisses) sont cruciaux pour aider les organismes à lutter contre le froid, du plus petit avec les bactéries au plus grand avec les mammifères marins. C’est à qui assimilera le plus de lipides possible au sein des réseaux trophiques via son alimentation.
- Isolation
Les morses et de nombreux animaux marins possèdent une épaisse couche de graisse, appelée lard, qui leur permet de s’isoler efficacement des eaux glacées. Chez ces espèces, cette réserve énergétique est essentielle à la thermorégulation, aussi bien chez les adultes que chez les jeunes.
Chez l’ours polaire, en revanche, la situation est différente. À la naissance, les oursons sont extrêmement petits et peu développés : ils pèsent à peine quelques centaines de grammes et ne disposent pas encore d’une couche de graisse significative. C’est l’abri de la tanière, la chaleur maternelle et l’allaitement riche en lipides qui leur permettent de survivre aux premiers mois. Au fil de leur croissance, les oursons accumulent rapidement masse et graisse, un processus vital pour affronter ensuite les conditions extrêmes du milieu arctique.
- Pelage, toison, fourrure
Une laine bien chaude comme celle du lièvre arctique est un très bon isolant. C’est d’ailleurs l’un des mammifères le mieux protégé du froid. La densité de son pelage est supérieure à celle des autres espèces de sa famille et une laine très chaude se cache sous ses longs poils translucides. Grâce à ses couches protectrices, il conserve sa propre chaleur corporelle très longtemps.
Comment survivre à la lumière permanente en été ?
Le soleil brille 24h sur 24 durant le court été polaire. Cette lumière permanente représente à la fois un avantage et un défi pour les espèces animales et végétales. Elle peut éblouir, désorienter, voire brûler les tissus par les rayons ultraviolets. Pour celles qui y sont adaptées, elle offre de précieux bénéfices : un métabolisme accéléré, de meilleures conditions d’alimentation et une moindre vulnérabilité face aux prédateurs.
Par exemple, les diatomées, des micro-algues (phytoplancton), ont la capacité d’utiliser l’énergie lumineuse pour produire leur matière organique (la photosynthèse). En cas d’excès de lumière, les protéines impliquées dans la photosynthèse sont capables de dissiper cet excès sous forme de chaleur, protégeant ainsi ce processus biologique indispensable
Les animaux du Grand Nord doivent réaliser leur cycle de reproduction dans le temps court de l’été polaire.
- Grossesse sous contrôle
Le phoque barbu est en mesure d’ajuster la date de la naissance de son petit, dans l’attente des conditions les plus propices à la mise bas, notamment la disponibilité en ressources.
Comment survivre à la nuit polaire ?
- Migration
De nombreux animaux de cette zone parcourent des centaines voire des milliers de kilomètres pour suivre les ressources alimentaires ou les zones de reproduction. La baleine à bosse par exemple ne vit pas toute l’année au pôle. Elle y est présente uniquement l’été, pour s’y nourrir lorsque le plancton y est abondant, lors du «bloom». A la fin de l’été, elle migre vers le Sud et passe l’hiver dans les eaux chaudes tropicales où elle donne naissance à son baleineau.
- Camouflage
Certains animaux ont un pelage blanc comme le lièvre arctique, l’hermine ou le renard polaire qui les rend quasi invisibles dans la neige. Ce camouflage les aide pour les uns à se protéger des prédateurs ou les autres à chasser et être discrets avec ses proies.
- Une ouïe et un odorat développés pour survivre
Ces adaptations permettent à cette biodiversité unique de subsister malgré un environnement parmi les plus hostiles du monde.
Quels mammifères emblématiques peuplent le pôle Nord ?
L’ours polaire, nomade de la banquise
L’ours blanc est un nageur exceptionnel, protégé par 11 cm de graisse et une fourrure dense, il peut rester des heures dans l’eau glacée. Il chasse principalement les phoques, qu’il localise grâce à son odorat précis, même sous un mètre de glace. C’est aussi un vagabond solitaire, il chasse et vit seul. Les mâles peuvent atteindre 650 kg et courir jusqu’à 40 km/h. Les femelles élèvent leurs petits pendant 2 à 3 ans, enseignant à leurs jeunes à chasser et à survivre dans cet espace. Les petits sont capables de chasser à partir d’un an.
NB : Pour survivre, il doit manger 45 phoques par an !
Le morse, le géant moustachu
Le morse possède de longues défenses en ivoire à la croissance continue pouvant atteindre 1 mètre chez les mâles. Ces canines servent à couper la glace, se hisser sur les blocs et combattre. Les morses mesurent en moyenne 3,5 m de long et peuvent peser jusqu’à 1,8 tonne. Les morses passent les deux tiers de leur temps dans l’eau, se nourrissant de coquillages et de concombres de mer. Leur couche de graisse épaisse de 10 cm les protège du froid, et ils peuvent dormir dans l’eau grâce à des sacs qui agissent comme des flotteurs.
NB : Son nom scientifique signifie d’ailleurs ‘celui qui marche avec ses dents’.
Les phoques, piliers de la chaîne alimentaire marine
Il existe six espèces de phoques en zone arctique. Les phoques du Groenland sont les plus nombreux. Sociables et bruyants, ils vivent et se déplacent en groupe. Ils plongent en profondeur pour attraper poissons et crustacés. Les bébés phoques naissent avec une fourrure très claire, ils sont appelés ‘blanchons’. Puis en grandissant, la peau s’assombrit et devient plus grise et plus fine. Elle forme une couche de graisse protectrice.
NB : Les phoques ont des barbus sur le museau pour identifier leur proie. Quand il fouille les fonds riches en crevettes et palourdes, il arrive qu’ils ressortent avec la tête rouge à cause du fer contenu dans les boues.
Le caribou, la plus grande population terrestre
Quand il vit en liberté, le caribou, sauvage, est aussi appelé ‘renne’ en Europe et en Sibérie quand il est domestiqué. Il résiste à des températures allant jusqu’à -40°C et migre sur de longues distances, jusqu’à 1 000 km. Herbivore, il fouille la neige avec son museau et ses sabots pour chercher de la nourriture jusqu’à 80 cm de profondeur. Il mange surtout des mousses et des lichens. Au printemps, de grands troupeaux se déplacent vers le nord quand leurs jeunes vont naître et vers le sud en hiver pour trouver de la nourriture et s’abriter.
NB : Ils portent des bois de 10 kg qui tombent et repoussent chaque année.
Le bœuf musqué, le plus grand herbivore de la toundra
Les bœufs musqués ont une toison double couche pour se protéger du froid. C’est pourquoi ils n’ont pas besoin de chercher d’abris par mauvais temps ou dans le blizzard. Quand ils sont en danger, menacés par des loups ou des ours polaires, ils forment un cercle de défense et placent les petits à l’abri au centre. Grâce à leur sabot, ils creusent la neige pour trouver du lichen et de l’herbe l’hiver. Les adultes peuvent courir jusqu’à 40 km/h.
NB : Leur nom vient de l’odeur de musc qu’ils dégagent à la saison des amours.
Renard polaire, hermine et lemming : changement de pelage deux fois par an
Le renard polaire est légèrement plus petit que ses compères des régions tempérées, une astuce pour se protéger du froid. Généralement solitaire lors de la chasse, il se distingue surtout par sa grande mobilité : lorsque les ressources se raréfient, certains individus peuvent parcourir des centaines, voire plus de 1 000 kilomètres, non pas pour capturer une proie unique, mais pour explorer de vastes territoires à la recherche de zones plus favorables en nourriture.
Les renardeaux sont indépendants à l’âge de 6 mois. En été, la lumière quasi permanente perturbe ce prédateur habitué à une vie nocturne (en hiver) ou souterraine (dans ses terriers). La forte luminosité peut l’éblouir : il ferme alors souvent les yeux à moitié. Pour chasser, il s’appuie avant tout sur une ouïe et un odorat extrêmement développés, capables de détecter une proie sur terre, sous terre ou même enfouie sous la neige.
Le lièvre arctique est blanc et est plus gros que le renard polaire. Il a de grandes pattes et peut courir jusqu’à 65 km. Sa longue fourrure soyeuse couvre tout son corps, y compris ses pattes. Pour s’agripper, ses pattes portent des griffes.
Le lemming, petit rongeur de quelques grammes, est essentiel à la chaîne alimentaire locale. Il mange des plantes et parfois des insectes. Il représente la nourriture de base de nombreux prédateurs (chouettes harfang, hermine, labbe à longue queue, renards…). Ses griffes sont hypertrophiées en hiver et lui permettent de creuser la neige à la recherche de végétaux. Il vit l’été dans des petits terriers et l’hiver sous la neige dans des nids constitués d’ herbe sèche.
Le renard polaire, le lemming et l’hermine changent de fourrure deux fois par an : blanc comme neige en hiver et bruns en été.
Quels oiseaux composent la faune de l’Arctique ?
Certains oiseaux de l’Arctique sont des résidents, ils y vivent toute l’année comme les harfangs des neiges, les mouettes ivoire, les lagopèdes, les grands corbeaux… Les autres, majoritaires, sont migrateurs, ils viennent se reproduire les mois d’été.
- Harfang des neiges
La femelle est tachetée de marron et un peu plus grosse que le mâle qui est blanc. Il mange essentiellement des lemmings. Sa vue est très perçante, il voit bien dans le noir et peut repérer ses proies au sol tout en volant haut dans le ciel.
- Eider
C’est un plongeur expert. Il plonge sous l’eau pour attraper ses proies, surtout des palourdes qu’il écrase avec son bec et avale d’un seul coup.
- Sternes arctiques
Les sternes arctiques traversent deux fois par an la planète du nord au sud ! Pendant l’été boréal (juin à septembre), elles se reproduisent au nord puis migrent en Antarctique où elles profitent de l’été austral (d’octobre à mai) pour s’alimenter en krill. Elles parcourent ainsi près de 70 000 km par an sur une durée de 8 mois par an, en plein vol. Un réel record pour un oiseau de cette taille.
- Guillemots
Les guillemots sont des oiseaux marins, souvent confondus avec les manchots. Contrairement à ces derniers, ils savent voler : ils appartiennent à la même famille que les pingouins et non aux manchots de l’hémisphère Sud. Excellents nageurs et plongeurs, ils se regroupent en immenses colonies sur les falaises abruptes. Plus à l’aise dans l’eau que dans les airs, leurs décollages et atterrissages sont souvent maladroits. Les œufs sont couvés en alternance par les deux parents. À la fin de l’été, certains petits nés dans l’Atlantique Nord entreprennent une migration spectaculaire : près de 1 000 kilomètres parcourus à la nage, accompagnés uniquement de leur père, jusqu’au large de Terre-Neuve.De nombreux autres oiseaux peuplent le pôle Nord comme le lagopède, le mergule, le labbe, mais aussi de nombreux bécasseaux (variables, sanderling, temminck…), passereaux (comme le bruand des neiges, le traquet motteux..) et rapaces (buse pattue, faucon Gerfaut…). Ces oiseaux participent à la biodiversité arctique et au maintien des équilibres écologiques.
Quelles espèces marines vivent au cœur de la banquise arctique ?
Le plancton un pilier sous la banquise
Les premiers niveaux de la biodiversité marine sont constitués par le plancton, et en particulier par les algues. Des microalgues se développent à l’interface entre la glace et l’Océan, où elles exploitent la faible lumière transmise à travers la banquise dès le retour du soleil au printemps.
Ce phytoplancton précoce joue un rôle déterminant dans le fonctionnement des écosystèmes arctiques. Il constitue la base de la chaîne trophique, alimentant le zooplancton, notamment les copépodes, qui nourrit à son tour poissons, oiseaux marins, mammifères marins et grandes baleines. La productivité biologique de l’Arctique dépend donc directement de ces organismes microscopiques étroitement liés à la présence de la glace de mer.
Le narval : la licorne des mers
Le narval est un cétacé qui possède une longue défense spiralée en ivoire pouvant atteindre 3 m. Il s’agit d’une grande dent, une canine qui lui sert à mesurer la salinité, la température de l’eau et à détecter ses proies. Il plonge jusqu’à 1 000 m dans les polynies, les zones libres de glace, pour chasser poissons et crustacés.
NB : Sa défense peut peser jusqu’à 10 kg.
Le béluga : la baleine blanche
Les bélugas sont des cétacés dotés de dents pointues pour attraper des poissons et des calmars. Comme ils se déplacent lentement, ils sont la proie de gros mammifères et parfois des ours polaires. Son langage complexe, composé de sifflements et de crissements, est essentiel à la communication dans les eaux glaciales. Il n’a pas de cordes vocales : le son est émis lorsque l’air passe à travers l’évent situé au sommet de sa tête. Il migre l’été dans les estuaires peu profonds du Grand Nord puis entreprend une longue migration.
Les baleines : géantes de l’océan polaire
- Baleine du Groenland ou boréales
Parmi les baleines de l’Arctique, la baleine boréale, aussi appelée baleine du Groenland, est l’une des espèces les mieux adaptées à l’environnement polaire. Elle possède une couche de graisse pouvant atteindre jusqu’à 50 centimètres d’épaisseur, qui lui assure une isolation thermique efficace dans les eaux glacées. Sa tête massive et arquée lui permet de briser la banquise pour venir respirer en surface, tandis que l’absence de nageoire dorsale facilite ses déplacements sous la glace.
Comme toutes les baleines à fanons, elle ne possède pas de dents, mais des fanons fibreux constitués de kératine, qui lui permettent de filtrer le plancton contenu dans de vastes volumes d’eau. On en compte entre 230 et 360, pouvant mesurer jusqu’à 4,3 mètres de long.
- Baleine grise
Les baleines grises accomplissent l’une des plus longues migrations connues chez les mammifères marins : jusqu’à 12 000 kilomètres aller-retour chaque année. En été, elles se nourrissent dans les eaux froides de l’Arctique, où elles fouillent les fonds marins pour capturer de petits crustacés benthiques, principalement des amphipodes, qu’elles aspirent avec les sédiments avant de les filtrer.
À l’automne, elles entament une longue descente vers le sud jusqu’aux lagunes peu profondes et protégées de la péninsule de Basse-Californie, au Mexique. C’est là, en hiver, que les femelles mettent bas un unique baleineau, long d’environ 4 à 5 mètres à la naissance. Dans ces eaux chaudes, les jeunes développent leur musculature, s’exercent à la nage et s’engraissent grâce à un lait très riche, avant de repartir au printemps vers le nord, aux côtés de leur mère.
Ces espèces sont des maillons essentiels de la biodiversité marine et contribuent à l’équilibre de cet écosystème.
En quoi la biodiversité marine arctique est-elle essentielle pour la planète ?
- Maintien de la chaîne alimentaire océanique.
- Rôle dans l’absorption du carbone et la régulation climatique.
- Interaction entre faune, glace et climat mondial pour stabiliser les écosystèmes.
La disparition de certaines espèces aurait un impact direct sur la biodiversité mondiale et la santé de l’Océan.
Quelles sont les répercussions du changement climatique sur la biodiversité ?
Durant des siècles, le pôle Nord était recouvert de glace toute l’année. Avec le dérèglement climatique, la surface de l’océan glacial arctique se réduit. La fonte accrue des glaces cause la perte d’habitats pour les morses, phoques et ours polaires. Les grands cycles migratoires et biologiques sont perturbés et les animaux sont peu à peu désorientés.
La diminution de la banquise modifie également les dynamiques de captation du carbone par le phytoplancton, affectant à la fois la production primaire et l’ensemble des réseaux trophiques associés.
Ces bouleversements affectent directement la biodiversité. Les espèces sont fragilisées par ailleurs face à la réduction des ressources alimentaires et à la pression humaine.
Pourquoi protéger la biodiversité arctique et ses écosystèmes est-il un enjeu majeur aujourd’hui ?
Protéger l’Arctique, c’est préserver un écosystème fragile et indispensable à l’équilibre écologique et climatique mondial. La recherche scientifique, les expéditions polaires et les initiatives de conservation permettent de mieux comprendre et de mettre en place des mesures de préservation.
Tara Polar Station, notre station polaire dérivante, spécialement conçue pour résister à la glace, effectuera à partir de 2026 des dérives successives pour documenter et comprendre les transformations de l’écosystème polaire, recenser la richesse de la biodiversité locale et questionner les données scientifiques.
L’Arctique est bien plus qu’un désert glacé : c’est un réservoir de vie exceptionnel, où chaque espèce joue un rôle vital. La fonte de la banquise et les bouleversements climatiques menacent cet équilibre fragile. Protéger la biodiversité arctique, c’est préserver l’Océan, la survie des espèces et notre avenir commun.
Ce qu’il faut retenir
- La biodiversité arctique regroupe des espèces terrestres et marines adaptées à des facteurs environnementaux extrêmes : températures, ressources limitées, lumière.
- L’ours polaire, les phoques et les morses dépendent directement de la banquise pour se nourrir et se déplacer.
- L’Arctique abrite une biodiversité marine essentielle aux chaînes alimentaires océaniques mondiales.
- La réduction de l’épaisseur et de l’étendue de la banquise entraîne une perte d’habitats pour de nombreuses espèces.
- Protéger la faune et la flore arctiques, c’est préserver un écosystème clé pour l’équilibre de la planète.