2017

Noémie Sauve

Imbriquant éléments d’observation et fantasme d’une nature sauvage, entre idéal et réalité, elle bouleverse les codes actuels dans un style à la fois scientifique, naturaliste et pop/ urbain pour produire des grands formats dessinés ou des sculptures.


La technique m’inspire la forme sensible

Noémie Sauve : artiste en résidence sur tara

Née à Romans (26) en 1980. Vit et travaille à Paris. Artiste et professeure à l’école supérieure d’art et de design TALM Le Mans et aux Ateliers Paul Flury à Montreuil. La pratique artistique de Noémie Sauve explore diverses formes plastiques – sculpture, dessins, peinture – et son travail figuratif où territoires et formes animales sont des motifs récurrents – est centré sur les enjeux de liberté, de pouvoir et de domination. Toujours située sur des terrains d’enquête, elle mène des collaborations fréquentes avec des scientifiques. Dans ses œuvres – qui jouent sur des effets hypnotiques et de fascination liés aux fantasmes que nous projetons sur le monde naturel – l’artiste explore des manières renouvelées de restituer et traduire les enjeux politiques de nos relations aux autres vivants.

Noémie Sauve

Ma résidence à bord de Tara m’a permis d’étendre mon champ d’investigation jusque-là terrestre au territoire marin, et ainsi d’enrichir mes réflexions globales sur l’écologie, entendue comme « l’effet du tout sur le tout », un territoire d’interdépendances infinies.

J’ai embarqué en Nouvelle-Zélande, avant de rejoindre l’Australie où j’ai assisté au colloque « la France et l’Australie au chevet des récifs coralliens ». Ensuite l’exploration de différentes îles depuis la barrière de corail sud, jusqu’à la Nouvelle-Calédonie m’a permis de croiser les différents débats autour des enjeux sociaux et écologiques qui jouent un grand rôle dans l’utilisation du paysage.

Les pièces issues de cette résidence ont inventé leurs formes : des dessins en « exosquelettes de métal », des structures dessinées qui survivent à leur support, mais aussi des sculptures en céramique et cristal fluorescent. Elles viennent nous rappeler que nos sens sont parfois aveugles à une complexité du vivant. Apprendre à reconnaître nos limites questionne notre droit à breveter et à sélectionner le vivant qui nous a fait naître.

[Tara Pacific] Noémie Sauve : dessiner le vivant à bord de Tara

Noémie Sauve

Découvrez quelques-unes de ses réalisations inspirées par la vie à bord de tara :

Œuvre Noémie Sauve : Radiolaires etc et symétries
« Tara-barrière de corail sud » – stylo bic sur papier cahier quadrillé-carnet de voyage, résidence Tara Pacific
28,5cm x 14,5 cm – 2017 – @Noémie Sauve
“Eau paralysée par le venin des cnidocytes. Récif essayant de rattraper la dilatation de l’eau pour sa symbiose, ralenti par l’acidification « anti-squelettale », crachant du calcaire par la bouche en envoyant ses harpons, orné d’autres cnidaires” – crayon et fusain sur papier Arches
résidence Tara Pacific- 66×102 cm – 2018 – Noémie Sauve
Œuvre Noémie Sauve : Dague de cristal en blanchissement de corail
« Dague de cristal en blanchissement de corail de cosmos fluorescent cristal transparent » – cristal blanc et cristal fluorescent – 2018 – 15,5×6,5×3,5 cm – Noémie Sauve – Photo : @Katrin Backes

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